Allons bon, voilà que notre classique du mois est un film d’animation ! Et tout récent, en plus ! Quid de la pertinente attente pour voir se bonifier – ou non – un film, de la prudence critique ?

Balivernes ! À peine sorti, Fantastic Mr Fox se plaçait déjà comme l’une des œuvres les plus réussies du cinéaste Wes Anderson, grand amateur de construction labyrinthique et d’esthétique pop. On pourra revoir, à la sortie prochaine du biopic consacré à Jacques-Yves Cousteau, sa merveilleuse Vie aquatique, et mesurer ce que la rectitude biographique perd face à la tendresse qu’on porte à une figure publique*.

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On pourra aussi revoir, donc, Fantastic Mr Fox, qui a sa place parmi les classiques (« qui mérite d’être étudié en classe », donc) autant en tant que film de son auteur, qu’en tant qu’adaptation. L’univers de Roald Dahl, semble-t-il, correspond merveilleusement à celui de Wes Anderson : tendresse pour les étranges, les bras-cassés, ceux qui, sciemment ou non, existent à la marge. Car l’histoire de Fantastic Mr Fox n’est jamais que celle de Robin des bois, des hors-la-loi qui décident de triompher des possédants, tandis que ceux-ci sont pervers, stupides, avares, mesquins, hypocrites, ou tout cela à la fois.

Pour une séquence particulière, Wes Anderson quitte le domaine du film-conte charmant et moral : au détour d’une séquence, on aperçoit à l’horizon le hors-la-loi ultime, celui vers lequel maître Renard, pourtant féroce et anarchique gredin, tend sans jamais pouvoir y accéder. Et Wes Anderson d’avouer ainsi, avec humilité : dans son rôle de cinéaste-enfant, inoffensif et chéri du public et de la critique, il est malgré tout des choses qu’il voudrait dire et faire, et qu’il ne fait pas.

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Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé : le cinéaste, également scénariste, est allé jusqu’à habiter dans la roulotte propriété de Roald Dahl (qui a inspiré la roulotte de Danny, le champion du monde) pendant des semaines, pour s’imprégner de l’univers de l’auteur. Et, à la lecteur du Mister Fox de Dahl, force est de constater: non content d’adapter brillamment l’œuvre originelle, Anderson l’a embellie, étoffée, rendue éminemment cinématographique. Un exemple donc, à la fois en tant que film en soi, et en tant qu’adaptation de la littérature. Un classique, on vous dit.

En ce moment disponible à La Bourse Cinéma (13 bis rue lanterne) : 6.99€

 

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*Propos non contractuels. Si ça ce trouve, il sera très bien ce film.

Vincent Avenel, ciné corner.

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