Les Daft Punk ont du succès, beaucoup de succès. Ils étaient encore tout récemment à l’honneur dans un documentaire totalement dithyrambique, Daft Punk Unchained, produit par la BBC pour fêter leurs 20 ans de carrière.

Le duo casqué en 2014, ce fût le triomphe de Random Access Memories, un album au succès international, récoltant 5 Grammy Awards (dont celui de l’album de l’année). La fortune de Daft Punk est aujourd’hui évaluée à plus de 46 millions d’euros (chacun…), leur permettant d’être figures de proues (ou casques de proues?) lors du lancement de Tidal, la plateforme de streaming de Jay-Z, aux côtés de Rihanna, Madonna, Beyoncé et autres mastodontes… Plutôt pas mal pour des petits frenchies qui lancèrent en 1996 leur carrière avec l’explosif Da Funk, un titre toujours aussi puissant et dansant 20 ans plus tard.

Si leur entrée en matière avec Homework en 1997 fit l’unanimité, les disques suivants (et particulièrement Discovery en 2001) apparaissent aujourd’hui plus controversés. A tel point qu’on peut se poser la question : et si le succès de Daft Punk ne reposait pas in fine sur une gigantesque arnaque?

 

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Daft Punk comme de nombreux  groupes de musique électronique utilise la technique du sampling. Le principe est simple : prendre une matière première sonore, la triturer, la mettre en boucle, pour inventer autre chose. L’idée ici n’est pas de condamner de manière idiote et passéiste le sampling, qui est une technique absolument géniale et créative lorsque le morceau de musique original est transfiguré : le sampling a fait ses preuves. C’est indéniablement le son d’une époque, qui a livré quelques chefs d’œuvres (citons le génialissime Since i left you de The Avalanches, sorti en 2000, constitué de 3500 samples totalement méconnaissables ou presque!).

Il n’empêche : même en étant un ardent défenseur du sampling, on peut se demander si Daft Punk, sous couvert de modernité, de production léchée et de communication ultra maîtrisée, ne se livre pas à un un simple copier/coller d’obscurs morceaux des années 70 ou 80. Ou est la création dans Harder Better Faster Stronger lorsqu’on connait le Cola Bottle Baby d’Edwin Birdsong? Peut-on encore parler de sampling quand l’original est si grossièrement « emprunté »?

Si seulement il s’agissait là d’un cas isolé… Malheureusement, des dizaines d’exemples troublants peuvent être recensés (voir la vidéo ci-dessous ; on a parfois du mal à différencier l’orignal de la version « Daft Punk »).

 

 

Chacun se fera son opinion, et chacun reste évidemment libre de danser sur l’imparable Get Lucky… même si il s’agirait là encore d’un plagiat du titre Robot dance, de l’obscur artiste Coréen Zack Kim, publié en 2010. Caramba! Ajoutons au dossier un passif familial étonnant : Le père de Thomas Bangalter (l’un des deux Daft), était producteur à succès dans les années 70. Sous le nom de Daniel Vangarde il a entre autres co-écrit tous les tubes de… la compagnie créole! Imaginons l’univers dans lequel a grandi le petit Thomas, rempli de vinyles funky et discoïde, un monde surement riche de sons, auxquels peu ont eu accès… Mais un travail de compilateur et de producteur, même brillant et ingénieux, est-il encore un travail d’artiste?

On pourrait répondre qu’il s’agit d’un simple procès d’intention, d’une crise de jalousie face à un succès trop grand trop fort, bref, un truc 100% made in France. On pourrait aussi rétorquer que l’histoire du rock est jonchée d’incroyables plagiats, et on n’aurait pas tort…

Il n’empêche : espérons qu’Edwin Birdsong puisse connaitre un jour ne serait qu’un fragment de la lumière qui inonde aujourd’hui nos deux français, décidément bien secrets…

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