David Bowie avant David Bowie

In Actualité, Musique by François SerinLeave a Comment

David Bowie laisse derrière lui un héritage musical exceptionnel et une influence qui s’étend bien au delà du simple cercle de la « pop », distillant son influence sur la mode, le cinéma et même l’ensemble de la société. Bien sûr, ce constat un peu convenu – quoique parfaitement exact – a été beaucoup répété ces dernières semaines, aussi il est peut-être plus intéressant de se pencher sur ce qu’était David avant qu’il ne devienne Bowie, lorsqu’il était encore David Jones, jeune « mod » anglais, subjugué par son époque et ses ainés (Kinks, Small Faces et Who en tête, comme il le rappela plus tard avec son album de reprises Pin Ups).

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Son premier album sobrement intitulé David Bowie est sorti en 1967 chez Deram. Un disque bien curieux comparé à l’ensemble de la discographie de ce géant transformiste, tant il sonne pop, traditionnellement anglais et même typiquement londonien (accent cockney à l’appui).

A cette époque, David Jones est surtout connu pour être un « face », un des leader du mouvement moderniste, les fameux « Mods » roulant en vespa et se frottant aux « Rockers » sur la côte sud de l’Angleterre – pour faire un peu dans le cliché. Il apparait notamment dans l’émission de la BBC Tonight en tant que « Président de la Société protectrice des hommes aux cheveux longs » (!!?). Après un passage par la case mime sous la houlette de Linday Kemp (un élève de Marceau), son premier album sort enfin, oscillant entre pop et humour 100% British. Bowie n’hésite pas alors à faire dans la provocation misogyne avec la curiosité Love You till Tuesday ou il explique en substance « Mon désir brûlant démarre le dimanche, Donne moi ton cœur et je t’aimerai jusqu’à mardi ». On est bien loin de Heroes et son baiser au pied du mur de Berlin !

Cet album est un échec cuisant à l’époque. Bowie envisage même de se retirer et de devenir moine tibétain mais  le grand Chime Rinpoché lui conseille de rester musicien (le sage homme).

Petit ouvrier dans l’ombre du show-business, Bowie est alors chargé d’adapter une chanson Française en Anglais (Comme d’habitude alors chantée par Claude François!). Il a 10 jours pour ce faire et malgré une ébauche de titre (Even a fool learn to love) et quelques lignes, il échoue, et c’est Paul Anka qui achèvera le classique devenu My Way.

Alors que Neil Armstrong marche sur la lune en 1969, David Bowie se fait enfin remarquer auprès du grand public avec sa chanson Space Oddity… S’en suivra une première grande mutation vers le glam rock et l’explosion « Ziggy » de 1972 qui fera de lui l’énorme star que l’on connait.

Le premier album de David Bowie est disponible en ce moment à la Bourse en CD à 7.99€, au milieu de ses plus grands classiques (jusqu’à épuisement des stocks), l’occasion de découvrir une autre facette méconnue du personnage.

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