heliopoliscouv-555x739

Alejandro Jodorowsky signe son retour avec Les Chevaliers d’Héliopolis et fait appel à un jeune dessinateur – Jérémy -pour mettre en image le premier tome de cette nouvelle fiction prometteuse.

On a coutume de dire que les grands auteurs racontent toujours plus ou moins la même histoire, revenant presque obsessionnellement et souvent inconsciemment aux grands thèmes qui les hantent. Jodorowsky, semble-t-il, ne fait pas exception à la règle tant on retrouve ici encore et toujours sa patte humoristique matinée de provocations, son amour pour Kafka ou Dostoïevski, et puis une certaine mystique, inaltérable. Que ce soit avec Bouncer, le Lama Blanc ou La Caste des Métabarons, la recherche spirituelle est toujours là, parsemée de symboles ésotériques. Toutes les nuances du drame humain s’expriment – pouvoir, sexe, corps, corruption, courage comme lâcheté.

vignette-dix-sept1

Cette nouvelle série n’échappe pas à la règle puisque Jodorowsky met l’Alchimie – cette fameuse « science » occulte visant à changer le plomb en or – au centre de l’intrigue. Sur fond de Révolution Française, on croise au delà des siècles Nostradamus, Marat, Napoléon ou Lao Tseu, siégeant dans une improbable assemblée de reclus immortels. C’est dans un monastère au nord de l’Espagne qu’ils se cachent, dans le temple des Chevaliers d’Héliopolis – qui donne donc son nom à la série. Parmi eux un apprenti nommé Dix-sept. Alors qu’il achève sa formation, la vérité lui est révélée : il est le fils caché de Louis XVI et Marie-Antoinette, héritier légitime du trône de France. Se pose alors cette première question – prélude à de nombreuses autres : Dix-sept va-t-il chercher à accomplir sa destinée royale, ou rester dans l’ombre, fidèle aux préceptes séculaires de l’Alchimie?

Derrière cette trame, Alejandro Jodorowsky aborde une fois encore ce thème qui l’obsède, la naissance et la mort. On le savait écrivain, poète, scénariste, réalisateur de cinéma, acteur mais aussi marionnettiste ou numérologue, il s’affirme ici plus philosophe que jamais.