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Pochette surprise
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Les gens « in » appellent ça de « l'artwork », terme pouvant se
traduire pour les gens pas dans le coup tout simplement par « graphisme
». Car en ces temps perturbés de l'ère internet, faire de la bonne
musique ne suffit plus toujours, il faut savoir en plus la présenter de
la plus belle manière qui soit pour être encore plus convaincant ; et
quelle meilleure carte de visite que celle d'une pochette de disque
bien réalisée ? Quoique le souci esthétique apporté aux jaquettes ne
date pas d'aujourd'hui et quoique celui-ci a pu pleinement s'épanouir
avant tout à la grande époque du vinyl et de ses véritables fresques
cartonnées, en matière de métal les illustrations ont prouvé que le
passé ne détenait pas forcément le monopole de cet art.

Un
groupe, ce n'est pas seulement un son, c'est aussi un nom, un visuel
particulier. Ensuite, comment retracer sur papier le contenu d'une
musique agressive, avec des thèmes forts et peu conventionnels ? Avant
même d'introduire le disque dans sa platine, le fan même le plus
néophyte peut déjà avoir une idée du contenu rien qu'en regardant la
pochette. Un logo façon patate explosée avec du sang et des viscères
autour ? Du « Death Metal ». Encore plus gore ? Du « Grind ». Une
pochette colorée avec des dragons ou des soucoupes volantes ? Du Heavy
Metal. Un logo illisible, une simple photo en noir et blanc et des
visages maquillés ? Du « Black Metal ». Et s'il y a des arbres et de la
neige : du « True Black Metal ». Bien entendu, des petits malins
s'amusent ensuite à mélanger les codes et entretenir la confusion,
c'est là que les choses se compliquent. Ainsi, il est possible au
travers du média de l'art des pochettes, dans de grandes catégories aux
fonctions variées, de :- Rassurer le fan de base, en arborant les
codifications propres à un style et montrer que le groupe n'a pas
changé de voie,
- Attirer le regard, avec des dessins particulièrement soignés,
- Choquer avec bon ou mauvais goût, par une recherche de forme et de couleur audacieuse, des images-chocs,
- Et la dernière catégorie, et non des moindres, celle des jaquettes d'inclination douteuse ou singulièrement hideuses…

Les
codifications ayant déjà été abordées, ouvrons le chemin des pochettes
les plus travaillées, certaines étant tout simplement confectionnées
sur demande à des illustrateurs confirmés. Sans citer Luis Royo,
utilisé à maintes reprises (Geasa, At Vance, etc..) Certains
dessinateurs se sont spécialisés dans la confection d'artwork à
tendance métal, comme Derek Riggs, père du célèbre « Eddy » d'Iron
Maiden (mais aussi des images de science-fiction des albums de
Stratovarius ou de Gamma Ray, pour ne citer qu'eux). À son instar,
d'autres possèdent également leur marque de fabrique, Joe Petagno et
les couvertures de Motorhead, Travis Smith (Opeth, Katatonia) Ed Repka
(Death, Venom), Andreas Marshall (Kreator, Blind Guardian, in Flames),
enfin Jean-Pascal Fournier et ses superbes graphismes (Rain, Yearning,
Immortal). Bref, de quoi créer des œuvres d'art au goût parfois
particulier, mais au sens artistique évident.

Donc,
pour couper court aux idées reçues, toutes les pochettes de métal ne
sont pas moches, il suffit d'avoir entre les mains un album de
Summoning pour s'en rendre compte.
Cependant, lorsque l'objectif est de déclencher une réaction, les
litres d'hémoglobines peuvent jaillir des entrailles du papier. De sous
les pinceaux apparaissent religieuses dénudées et croix renversées
(Cradle of Filth) les figures du culte religieux étant effectivement le
plus souvent prises pour cibles. Plus par provocation que par réelle
envie de nuire, ce type de visuel peu néanmoins s'avérer
particulièrement glauque dans des cas extrêmes. Ainsi, sur la liste des
50 pochettes d'album les plus controversées apparaissent bon nombre de
groupes de métal, avec dans le top 10 du mauvais goût :
Regurgitate et « Carnivorous Erection », Type O Negative « Origin of feces ».
Dans le top 5 :
« Christhunt » de God Dethroned, Brujeria et le « Matando Gueros » dont
le soutien aux révolutionnaires mexicains avait défrayé l'Amérique.
La palme revenant, et de loin, à « Dawn of the black hearts » de
Mayhem, dont l'histoire et le visuel bien connus ne seront pas publiés
sous peine d'effrayer les plus jeunes.
Et il y a enfin les pochettes tout simplement laides sans le vouloir ou
par manque de budget… faudrait-il toutes les citer ? Cela pourrait être
long... et pour ne pas être désagréables avec les dits « créateurs »,
mieux vaut en rester là, en concluant simplement que la bonne pochette
ne fait pas forcément le bon son, et vice versa, aussi que bien malin
celui qui pourra se vanter de posséder le sens du goût universel...

Les
plus belles œuvres et la meilleure musique vous attendent à la
Librairie La Bourse, venez les découvrir et confrontez vos points de
vue en matière d'esthétique !

SYL.
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© Librairie La Bourse - 8 et 13 bis Rue Lanterne - 69001 Lyon
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