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Révolution
électronique
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Si l’apparition du synthétiseur a constitué à coup sûr la révolution
musicale des années 80, il fallut tout de même encore attendre quelques
années avant de voir les premières sonorités électroniques se mêler aux
guitares électriques des groupes de la mouvance métal. Alors pourquoi
ce retard ? Voyons les effets et les réactions provoqués par les
alliances des sons électroniques et métalliques.
Les pionniers du métal semblent être en effet quelque peu réfractaires
à l’ajout de nouvelles sonorités et les formations « traditionnelles »
: basse-guitares-batterie-chant dominent alors, et la simple évocation
d’un clavier ne fait que provoquer rebut et dédain de la part des
«vrais métalleux »…cependant devant les perspectives nouvelles
apportées par l’emploi d’un synthé, aussi bien au niveau mélodique et
rythmique (dans le heavy métal par exemple) que pour la création
d’ambiances plus sombres (dans le black métal) celui-ci fini donc par
se démocratiser et se banaliser dans la sphère métal. Dans les années
90, le terme « électronique » prend une tout autre dimension avec
l’explosion de la musique « techno » . Diffusée en discothèques et
destinée au plus grand nombre, ce style musical se voit donc
immédiatement rejeté et méprisé par nos chers musiciens de l’obscur,
bien décidés à ne pas risquer de perdre leur dimension souterraine et «
marginale » dans un mélange avec une musique au style décidément bien
trop populaire…
Il est pourtant un autre milieu de l’ombre qui ne se pose pas autant de
questions et les sonorités « électro » sont très tôt employées au
niveau de la scène de l’indus/gothic, comme par exemple avec Das Ich,
Wumpscut, Project Pitchfork ou Kirlian Camera. Dans le métal, le
moindre groupe tentant d’ajouter le moindre beat ou sample se voit
immédiatement qualifier du délicat sobriquet de « technoïde commercial
» . Pourtant, certains essais sont concluants : les canadiens de Voïvod
proposent par exemple un « cyber thrash » original et le métal électro
trouve alors un premier souffle auprès de groupes tels que Oomph ! Même
les plus réfractaires sont alors contaminés, et le black métal, réputé
pour son esprit fermé voit apparaître en ses rangs des groupes sachant
évoluer en ajoutant à leurs compositions des accords et samples
électros.
Et dans la famille « je change de style », citons notamment les
finlandais de And oceans, les norvégiens de The Kovenant ou d’Arcturus
; l’alliance métal extrême/électro dégageant de nouvelles sonorités
énergiques et puissantes, un nouveau terme de « modern métal »
(parfaitement illustré par l’album réussite « Seraphyde » du groupe
Diablerie) vient même parfois faire son apparition dans la presse
spécialisée. Et la scène française n’est pas en reste et de nombreuses
formations viennent illustrer ce nouveau concept, comme Division Alpha,
Count Nosferatu Kommando ou Punish Yourself. Pendant ce temps, la scène
gothic poursuit son épanouissement sur la voie de l’électro, dégageant
parfois des formations d’electro pur évoluant à la limite de la techno
initiale…la frontière entre électro et dark electro étant souvent mince
! bref, alors que de nos jours, l’electro s’est plutôt bien intégré
dans le métal, c’est au niveau du gothic que se redécouvre le conflit
entre les clans du « batcave » et ceux de la nouvelle génération de
l’electro dark…
Enfin, malgré tout ce que pourront dire les puristes des musiques
underground, la musique électronique est actuellement totalement
intégrée à l’univers métal, une innovation synonyme de créativité et de
renouveau. N’ayez donc pas peur de vous ouvrir à de nouvelles sonorités
en venant découvrir aussi bien les pionniers que les nouveaux acteurs
de la scène métal extrême/électro déjà dans nos bacs.
SYL.
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