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Roman noir
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Voir
ainsi ces êtres hirsutes se déchaîner en sueur sur des rythmes
hystériques ou contempler ces personnages immobiles hypnotisés par des
mélodies funèbres n’engage pas forcément un spectateur extérieur à
penser - à ces instants précis - à de la haute littérature. Et pourtant
le monde du métal est indissociable de la science de l’écrit, certes,
parfois plus chez certains que chez d’autres. Plus que de savoir quel
est le livre de chevet de tel ou tel musicien, voyons plutôt quelles
sont les influences de la littérature sur le métal et comment celle-ci
s’y trouve représentée.

A priori, le courant gothique semblerait être le style où la culture
littéraire devrait être la plus représentée, l’adoration de la période
romantique étant un des clichés récurrents de cette contre-culture. Effectivement, nombreuses sont les références
littéraires qui influencent cette musique (toutes en fait, sauf le
polar, y sont représentées, mais il est vrai, il est difficile
d’imaginer Christian Death réciter du Simenon). De Baudelaire à Anne
Rice, en passant par Oscar Wilde, en faisant un détour par Bram
Stocker, le gothique fait feu de tout bois, récupérant des auteurs ne
se réclamant pas du mouvement et délaissant paradoxalement les vraies
racines du roman gothique anglais du XVIIe siècle. Voilà pour les
influences, mais dans les textes, il est possible de voir E.A. Poe
directement chanté par Sopor Aeternus, dans des tourments que n’aurait
peut-être pas renié l’auteur lui-même ; et que dire du marquis repris
par Umbra et Imago ?

La scène métal plus « dure » paraît plus terre-à-terre. Il est vrai que
la poésie ne semble pas toucher des paroles primitives, comme chez
Rammstein, ou toute dérive qui tourne autour des textes sacrés de la
bible ou de la kabbale, qui sont innombrables, ou les délires
pornographiques et gores du grind qui s’éloignent quelques peu de
l’éducation sentimentale de Gustave Flaubert. Et pourtant, au cœur du
black métal lui-même peuvent se rencontrer Hugo et Gerard de Nerval, en
particulier auprès du groupe français Forbidden Site, qui fit le choix
de mettre les textes de ces écrivains en musique. Le métal extrême
conserve donc un fort attachement à la littérature, bien que les textes
de références changent, s’orientant davantage vers des thèmes plus
fantastiques. Tolhien_Bourse_LyonL’« héroïc fantasy » semble convenir
particulièrement bien à certains groupes et ainsi, un certain JRR
Tolkien se retrouve chez Korpiklaani, et surtout chez Summoning, les
fameux Autrichiens lui dédiant même de véritables odes. Les thèmes
chers à la fantasy se retrouvent également au cœur du heavy métal,
notamment chez Hammerfall ou Rhapsody, bien que la science-fiction de
P.K. Dick, ou I. Asimov tienne également un grand rôle dans ce créneau
musical, comme le soulignent Gamma Ray et Iron Saviour.

Avouons tout de même que certains groupes de métal demeurent
visiblement plus influencés par le journal télévisé que par la
littérature,Gamma_Ray_Bourse_Lyon mais les différentes pratiques
d’expression culturelles demeurent étroitement liées, comme le sont la
musique et l’écrit. Le métal, malgré les dires de quelques détracteurs,
c’est bel et bien de la musique. Venez découvrir à « La bourse » aussi
bien les plus grands groupes de métal que les écrivains de renommée, et
venez établir par vous-même le parallèle entre les différents courants
culturels.
SYL.
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© Librairie La Bourse - 8 et 13 bis Rue Lanterne - 69001 Lyon
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