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Lyon Bourse Folk

Bien malin qui pourra dire quand et qui, pour la première fois, aura eu l'idée saugrenue d'introduire un instrument folklorique traditionnel dans des compositions à dominance métal. Et pourtant, par une étrange nuit, la cornemuse rencontra la guitare électrique, et ce fut le coup de foudre. Immédiatement toutefois, des cris de protestations jaillirent des deux familles respectives : « il est électrique, toi acoustique » « et la différence d'âge, vous n'y pensez pas ? », non, vraiment rien, à première vue, rien n'était mis en place pour aider l'épanouissement de cette union. À vrai dire, le métal n'avait au début point d'yeux pour la belle cornemuse, dévorant les décibels dans son évolution vers le toujours plus haut, toujours plus fort. Pendant plus de 30 ans, biniou, harpe, whistle et bombarde lui firent les yeux doux et toujours, le métal les ignorait. Or un beau jour, dans les années 90...

1990 marque effectivement un tournant dans l'ère du métal, comme l’impact d'une météorite venu décimer une espèce pour en faire naître une autre. Effectivement, dans le début de cette décennie, les dinosaures des pionniers du hard s'essoufflent. Seuls Lyon Bourse Folkles plus solides survivront. Le glas du « hard rock » sonne pour s'ouvrir à la multitude des genres nouveaux. Outre l'arrivée du black métal Norvégien, la décennie voit apparaître pour la première fois, non seulement l'avènement du folklore et de la culture viking dans la musique, mais aussi les premières sonorités d'instruments dits « folk » au sein de celle-ci. Est-ce véritablement Skyclad qui, en pionnier du genre, aurait développé ce style musical ? Quoiqu'il en soit, leur album « The wayward son of mother earth » commence bel et bien à introduire une touche de folklore. La tentative du souffle dans le flûtiau est alors discrète, et personne alors n'aurait pu prédire à cette époque l'essor qu'allait connaître cette initiative.
Pourtant dans les années 80, l'alliance d'instruments acoustiques dans la musique underground n'était déjà pas une nouveauté. Les projets dark-folk, mélangeant chant psalmodié et, la plupart du temps, guitare sèche à la manière de Current 93, Death in June ou de Sol Invictus existaient déjà. Alors pourquoi ce retard dans le métal ? Les groupes, accaparés par la recherche d'un son toujours plus puissant, auraient-ils délaissé cette inspiration ? Quoiqu'il en soit, le retard se comblera de manière exponentielle dès le milieu des années 90.

Lyon Bourse Folk

« Folk » peut revêtir plusieurs sens. Pour le grand public, le métal folk représente un style de musique rapide et enjoué, possédant la puissance et l'agressivité des guitares saturées, tout en introduisant des instruments traditionnels conférant à sa musique un visage festif et dansant. Cependant cette image simpliste est contestable en deux points :

Si 1991 et 1992 marquent effectivement le développement de nouvelles sonorités, avec l'apparition de cornemuse et autres « irlanderies » dans la musique de Cruachan et Waylander, qui viennent alors affirmer haut et fort les valeurs de la culture celte, d'autres guerriers débarquent de leurs drakkars, plus au nord, avec également dans leur coffre une musique chargée d'un importante identité culturelle. Ceux-ci se nomment par exemple Enslaved ou Einherjer. La montée en flèche du métal « pagan » est en marche. Ridicule pour les uns, la distinction est cependant d'importance car n'est pas pagan tout ce qui est folk ! Plus représentée dans des formations de métal extrême, la pagan, ou viking métal se caractérise par ses références à d'anciens dieux, avec une recherche musicale mélodique, avec un degré épique plus ou moins prononcé selon les groupes, le trophée du barbare d'or étant attribué aux chœurs de Falkenbach. Jouissant parfois d’une mauvaise réputation car jouée par des groupes (Graveland, Nokturnal Mortum) lui injectant un aspect idéologique largement soumis à la controverse, le pagan métal n'est cependant pas une musique « extrémiste » comme le défendent et le prouveront par leurs prises de position des formations telles que Manegarm ou Skyforger.

Tout ce qui est folk n'est pas forcément épique ou festif, ainsi des formations telles que Tenhi, Agalloch ou Empyrium parviennent à produire une musique folk épurée et redoutablement mélancolique.

Malgré tout, l'intérêt du public reste focalisé vers les plus joyeux lurons qui au fil du temps, se multiplient, n'hésitant plus à introduire dans leur musique les influences issues de leurs régions respectives. Car fait marquant dans le métal, pour la première fois un style musical ne semble connaître aucune frontière et peut s'épanouir d'une façon différente dans n'importe quel pays. Les faits sont là : à chaque nation appartient une culture spécifique et celle-ci peut s'exprimer au travers de sa musique folklorique ; pour la suite il suffit d'y ajouter une guitare et un bon sens du rythme. Ainsi, les Norvégiens de Finntroll ajoutent une Lyon Bourse Folktouche d'accordéon, les finlandais de Korpiklaani un apport de chant shamanique, alors que surgissent chez les russes d'Arkona des chants slaves, chez les death métalleux de Melechesh des rythmes orientaux ou toute une équipe de troubadours avec les allemands d'In Extremo ou Subway to Sally. Qu'il soit heavy (Mago de oz), black (Heol Telwen) voir doom (Orphaned Land) le folk métal connaît une explosion et au début des années 2000 ne se comptent plus les groupes issus de tous pays pratiquant cet exercice; un bémol cependant, la France ne parvenant à mettre en lumière qu'un nombre réduit de groupes : Stille Volk, Aes Dana, ou encore Belenos, Himinbjorg pour la touche pagan.

Les choses se gâtent cependant lorsque des groupes brésiliens ou thaïlandais arrivent avec des cornemuses pour chanter les louanges des elfes et des valkyries... trop de folk tue-t-il le folk ? Certaines choses lassent. Malgré son aspect underground, le métal n'est pas exempt de tendances et de modes. En 2009 les formations estampillées « folk » sont toujours plus nombreuses, laissant apparaître de plus en plus de plagias tout comme une certaine facilité. Ce qui s’explique car la demande des spectateurs demeure très forte. Tous se donnent à cœur joie, faisant voltiger kilt et corne à boire dans des festivals exclusivement consacrés au style. Mais comme le souligne le groupe Stille Volk dans une interview donnée par le webzine www.pavillon666.fr : « Les groupes qui ajoutent à leur musique une vraie démarche créative resteront » au delà des modes. La sélection s'opérera une nouvelle fois avec le temps, avec l'approche d'une nouvelle météorite ? En attendant, pourquoi ne pas venir tourbillonner chopine en main aux sons les plus enjoués issus d'instruments oubliés ?

SYL

 

 



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