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Lyon Metal Fest
Ils ont pour nom Hellfest, Wacken Open Air, Metal Camp, des noms fleurant bon l’été…ah, les grands festivals…mais qui, pour autant, ne sont pas exotiques puisque généralement organisés dans des pays frontaliers. Regardons alors d’encore plus près car inutile en effet de faire des kilomètres pour se remplir les oreilles (les mauvaises langues diront « et le gosier ») car sur Lyon (et oui, sur Lyon) s’organise depuis trois ans un concert devenu l’évènement métal incontournable de l’année. Baptisé en toute simplicité « Lyon Metal Fest », celui-ci se produit en intérieur, dans le très sympathique Transbordeur et permet de rassembler des groupes et publics de toutes sortes, de toutes provenances. 9 groupes jouant alternativement sur 2 scènes, plus de 6 heures de concert, le menu est alléchant, malgré une affiche très marquée hardcore, ce qui aura fait bouder cette année pas mal d’habitués de métal pur et dur (dommage !). Décidément le fossé semble se creuser entre ces deux « ethnies » des temps modernes, voilà qui ferait un excellent prochain sujet d’article… ![]() Mais revenons à la soirée, qui elle n’a pas attendu les retardataires pour démarrer. La foule ne semble en tout cas pas conquise par la prestation des deux premiers groupes Silly Twats et Further Dimension, il en sera tout autrement avec l’arrivée de Troïdes Priamaus Hecuba, Troïdes pour les intimes. Dreads en tête (« douanier, si tu cherches un sensé… » comme dirait Sinsemilia), c’est une prestation dynamique qui vient enflammer le Transclub, le très jeune public présent se donnant à cœur joie au rythme du gros métalcore hybride balancé par les musiciens. Les influences System of a down sont proches et si le style peut en agacer certains, les faits sont là : c’est une joyeuse pagaille qui règne dans le public ! À l’aise sur scène et aimant visiblement ça, les « reggae-métalleux » diffusent leur énergie ; la soirée est ouverte. Avantage de l’affiche variée, ceux n’aimant pas le hardcore, plutôt que de rester à râler au bar, peuvent changer de salle car juste à coté, dans la plus grande salle, Uncolored Wishes se met en place. Après une performance très convaincante il y a quelques mois, cette formation prometteuse se voit attendue par les amateurs. Ceux-là sont toutefois peu nombreux, et la pièce paraît alors bien vide pour recevoir les musiciens. Pour cette première grande date, le quatuor paraît alors un peu perdu sur une scène qui semble s’agrandir au fil de la prestation. Résultat : l’univers original et particulier du groupe ne parvient pas à se développer, et c’est bien dommage. Le public, un peu contrarié, s’en retourne vers l’autre salle. À peine le temps d’effectuer le déplacement, voilà que parviennent aux narines les premiers relents de transpiration, et aux oreilles un metalcore très agressif. Les premiers rangs ont démarré au quart de tour, et beaucoup reprennent en cœur les couplets hurlés par les montpelliérains de Eyeless. La jeunesse du mosh est enragée, les premiers slammers débarquent et si les compositions à la longue, se répètent, rien de tel qu’un bon braveheart (vous savez, ce mouvement consistant à se faire séparer la foule en deux pour que chaque partie se précipite l’une contre l’autre…) pour maintenir l’attention. Mais
se jeter les uns contre les autres use les clavicules et l’arrivée
de The Old Dead Tree est la bienvenue pour temporiser les plus Bien en place, le groupe pose le décor, développant une musique subtile alliant mélodies et parties plus rageuses. Et si le chanteur plaisante « c’est vrai, nous sommes le groupe le plus bourrin de la soirée » cela n’empêche pas certains de se remuer et d’organiser des petits combats d’épaules improvisés. Les vocaux, parfaitement posés mènent la danse et c’est la performance musicalement, techniquement, la plus captivante et réussie de la soirée qui se déroule. Un peu de charme… Petit plus : « et voici une reprise d’un grand groupe de métal… Bjork ! » et le set s’achève avec sobriété.
Maintenant
« Black Bomb A » attendu par une salle comble !
les fans sont hystériques, survoltés dès l’extinction
des feux. Les voilà réclamant du son, ils ne seront
pas déçus. Black Bomb A arrive et envoie la purée ;
celle-ci est compacte et atterri directement en pleine face du public.
Les photographes réfugiés derrière les barrières
ne peuvent que constater l’apocalypse qui secoue la fosse. Pleuvent
les slammers, les chaussures, les portables...les musiciens, aux anges,
encouragent les volontaires (« merci, vous assurez grave »,
« vous êtes de la balle ») en enchaînant
les titres. Les deux chanteurs et guitaristes prennent possession
de l’intégralité de la scène et se démènent…chaleur,
sueur et gamelles Une petite reprise de Midnight Oil réactualisée et l’on évacue les blessés. Curieusement, la salle s’est vidée de plus de sa moitié avant la venue de Lofofora. Pourtant, les acharnés de la première heure sont là, mais il se fait tard, et une grande partie du jeune public s’en est retourné (bien cabossé). En habitué des planche, Lofo s’installe sur scène comme à la maison et développe sont style, une fusion qui ne retient cependant pas les plus fatigués. Le public métalleux a depuis longtemps déserté les lieux et la foule s’émiette progressivement. Si certains sont encore tassés contre les barrières à chanter les couplets, le plus grand nombre demeure sur les gradins, peu se rallieront à la cause des musiciens, qui tentent de calmer des échauffourées naissantes. Il se fait effectivement tard et beaucoup tournent alors le dos à la fin de concert.
Voilà
une bien belle occasion pour réviser le vocabulaire spécifique
au métal, et féliciter une initiative permettant ainsi
un certain brassage des styles musicaux et des spectateurs. À
l’image des bacs de CD de « La bourse »,
Lyon est une ville dynamique, qui bouge énormément,
bien malin qui pourra prétendre le contraire.
SYL |
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