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Du pays des terres gelées…
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Au milieu du méli-mélo créatif des années 70
apparurent les premières sonorités décadentes qui allaient donner au
rock une dimension plus « dure ». Notre France reste alors baignée
pendant des années dans le hard rock, thrash ou heavy metal en
provenance des pays essentiellement anglo-saxons. Ainsi arrivent sur
nos platines les albums américains de Metallica, Megadeth ou Slayer,
concurrencés par les influences du Royaume-Unis de Mothorhead ou d’Iron
Maiden ; ajoutez un zeste d’exotisme australien d’AC/DC et vous
reconstituerez, en généralisant, le menu de base du « métal » jusqu’à
la fin des années 80. Pourtant, un courant glacial venu du nord allait
bouleverser les mœurs et les oreilles, et jeter à bas la suprématie
anglo-saxonne.
Ils arborent un masque de maquillage noir et blanc, sont vêtus de cuir,
de clous et de cartouchières, leurs cheveux sont noirs, longs, la meute
assoiffée de sons débarque tout droit des pays nordiques ;
transportant, une musique extrême empreinte des traditions séculaires
des vikings, des mythes scandinaves et aussi une véritable culture
proche de la nature et des grandes forêts enneigées. Leurs
revendications sont simples : annihilation, destruction, mort et
puissances obscures sont des thèmes couramment utilisés dans leurs
compositions. La première vague vient de Norvège, rien alors de plus
froid n’était apparu dans les chaumières depuis l’invention du
congélateur. Les pionniers se nomment Darkthrone, Immortal, Mayhem,
Burzum, Emperor et véhiculent dans leurs musiques l’ « esprit véritable
», l’essence du black metal ou « true black metal ». Leurs petits
frères, Dimmu Borgir, Old man’s Child ou Enslaved sont alors plus
proches dans leurs thèmes des signalétiques et ambiances vikings. Et si
les origines du black métal ne sont pas clairement définies (diverses
hypothèses sont encore de nos jours la cause de polémiques sans fin) il
est incontestable que la Norvège imposa sa marque de fabrique, qui
perdure encore.
Les pays nordiques voisins ne sont pas en reste et constituent la
deuxième vague, chaque pays apportant une particularité musicale, qui
deviendra une tradition. Ainsi, la Suède place avec Bathory puis
Marduck une des figures emblématiques du black metal, puis s’oriente
vers un style différent. Les groupes suédois Hypocrisy, Entombed,
Unleashed, puis Opeth, In flames ou encore Soilwork évoluent en effet
dans un registre typiquement « death », style alors porté par les USA
avec Death et Morbid Angel. La vague nordique a encore frappé ! Et avec
elle encore un chamboulement musical, de nouveaux accords, une nouvelle
créativité ! À un tel point qu’apparaît de nos jours les termes de «
Göteborg death metal ».
Enfin, la Finlande vint aussi ajouter son grain de glace. Son arme : la
virtuosité et l’art des ambiances. Son atout : le don de produire des
groupes sublimant le domaine dans lequel ils évoluent. Citons en
particulier Catamenia dans le black métal atmosphérique, ou Children of
Bodom dans un style hybride et explosif. Toutefois, la Finlande reste
la patrie du heavy metal symphonique de haut vol et Nightwish,
Stratovarius, Sonata Artica en sont quelques représentants.
Certes, le métal nordique n’a pas tout écrasé et dans chaque pays sont
nées en parallèle des formations évoluant dans le même registre mais
cette brusque et véritable invasion qui se produisit dans les années 90
méritait d’être remarquée. Actuellement, on note une forte poussée en
provenance des pays de l’Est, et les résonances polonaises ou tchèques
sont déjà bien reconnues. Il est bien sûr caricatural d’associer un
style musical à un pays, mais la musique reste influencée par la
culture et la tradition de celui qui la compose et des tendances se
dessinent naturellement ; le potentiel français reste encore un mystère
et bien que quelques formations originales parviennent à tirer leur
épingle du jeu, beaucoup s’en tiennent à l’imitation…
Zélateurs et zélatrices… oseZ !
SYL.
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