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Le métal prend des formes
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Elles ont pour nom Liv, Anneke, Angela, Sharon ou Tarja, elles
arrachent des cris d’admiration et d’envie pour certains et de jalousie
pour certaines à chaque apparition, et elles sont quelques unes des
figures de proue de la scène métal actuelle. Il n’en fut pourtant pas
toujours de la sorte et ces dames et demoiselles ont dû faire du chemin
pour conquérir puis envahir progressivement ce milieu où seuls des
guerriers chevelus et barbus régnaient alors sans partage. Retour avec
vous sur le phénomène du métal au féminin, depuis son apparition
jusqu’à son apogée actuelle.
Au début vinrent la guitare électrique et le son saturé puis le chant à
la fois rauque, aigu, puis hurlé, le tout exécuté par des gars, des «
vrais », au summum de la virilité, moulés dans leurs ensembles de cuir
et de jeans déchirés, tatoués, arborant une tignasse exubérante ; et si
les origines du métal restent encore contestées, il est certain qu’à
cette période où la bière coulait à flot, les présences féminines
étaient rares ! La féminité se montre en revanche dans un style
parallèle dans des groupes précurseurs de ce qui deviendra le «
gothique » actuel, citons en exemple Lisa Gerrard et le groupe Dead Can
Dance. Les vocaux féminins sont alors utilisés afin d’apporter une
touche de pâleur supplémentaire dans un genre musical éthéré et
transcendant. Cette utilisation perdurera et fleurira ensuite dans ce
qui est nommé le « gothique atmosphérique » ou « ambiant », le terme
étrange de « female goth metal » apparaissant même parfois dans
certaines critiques musicales. Bien sûr, d’autres formations dans les
années 1980-90 comptent dans leur rang un membre féminin, mais il
faudra attendre la fin des années 90 avant que l’énorme explosion ne se
produise.

Les bombes sont lâchées depuis le Nord, de la Hollande puis de la
Finlande. Savoir qui ouvrit le feu le premier a peu d’importance,
citons juste en provenance du pays batave les « Gathering »avec la
splendide Anneke, qui allient cette voix si particulière, tantôt
puissante, tantôt douce à des mélodies mélancoliques, puis Within
Temptation avec la phénoménale Sharon, peut-être la meilleure chanteuse
de la scène actuelle, et qui sera l’une des précurseurs de nombreux
groupes à naître par la suite et qui surtout montrera que…et oui – les
filles aussi – il est possible de headbanguer en robe de princesse…
Les pays nordiques, terres de métal par excellence, ne sont bien sûr
pas en reste et propulsent en tête des hits les prodiges de Nightwish
et la non-moins prodigieuse Tarja (soupirs ! ou comment utiliser une
chanteuse de formation lyrique dans un groupe de métal…citons également
Thérion, qui utilisent pour leur part une véritable chanteuse d’Opéra.
Dans ce style particulier de « métal symphonique » apparaîtront ensuite
une multitude de formations ayant pour emblème une chanteuse, citons en
exemple Epica, After Forever ou encore les Italiens de Lacuna Coil et
les Allemands de Xandria.
Mais qu’en est-il des autres courants plus « extrêmes » ? Ceux-ci
demeurent-ils uniquement réservés aux chevelus roteurs de bières ? Que
nenni, ces dames aussi savent boire et se déchaîner ! Ecoutez par
exemple les derniers albums d’Arch Enemy : quelle est cette voix qui
ferait pâlir d’envie le chanteur de death le plus chevronné ? Il s’agit
tout simplement de la charmante Angela. Et si vous connaissez déjà cet
aspect « motard cuir » de rockeuse, vu avec les Nashville Pussy,
celui-ci atteint son paroxysme avec cette génération de chanteuses
dégageant une énorme puissance sur scène en particulier. Le phénomène
se retrouve dans le black métal avec l’obscure Cadavéria, ancienne
chanteuse du groupe Opera IX, et qui sévit actuellement en solo ;
jamais un chant féminin n’aura été aussi violent, amis chanteurs,
prenez en de la graine, et pour votre grade également. En ce qui
concerne les autres formations, le chant féminin est généralement
cantonné en arrière plan, avec plus ou moins de réussite. Et oui,
rappelez-vous qu’il ne suffit pas d’avoir une voix douce pour savoir
chanter.
Vous me direz alors : « Mais dans tous les cas, les filles ne font donc
alors que chanter ? », et bien une fois encore, non, mis à part peut
être la batterie, les « métalleuses » se sont emparées de tous les
instruments et il existe même des formations de composition
exclusivement féminines, allant du métal classique avec Cybèle, jusqu’à
l’extrème avec Astarte.
Il est impossible de compter aujourd'hui les couvertures de magazines
où fleurissent ces visages fardés et jambes gainées de résilles et si
la qualité est pour la plupart du temps toujours au rendez-vous,
l’originalité commence sérieusement et indiscutablement à décliner.
Certaines formations préfèrent encore opter pour la mise en avant d’un
joli minois au détriment de la qualité musicale. Peut-on donc parler
d’un phénomène de mode mettant en péril la musique (et propulsant
Evanescence sur les ondes radio et TV)? Les avis sont partagés.
Pour ma part, je n’aurais que deux choses à dire :
« Bienvenue mesdemoiselles ! »
Et pour vous messieurs :
« Allez voir les concerts d’Epica sans petite amie la prochaine fois », conseil valable aussi pour Nightwish.
SYL.
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