|
|
|
|
|
Cocorico ?
|
Si les titres de la presse spécialisée mettent
souvent en évidence la « la nouvelle bombe venue du nord » ou « le
retour des dieux du métal d’outre atlantique » voyons plutôt ensemble
comment se porte la scène française, quelle est sa qualité et sa place
par rapport aux grandes nations du métal ? Quels sont les groupes qui
réussissent à en émerger et surtout, à se maintenir sur le devant de la
scène internationale ? Amis docteurs spécialisés, soyez les bienvenus
pour réaliser cet état de santé du métal tricolore.
Difficile en effet à l’aube du métal de se faire une place face aux
rouleaux compresseurs venus des Etats-Unis (Metallica, Megadeth,
Slayer) ou du Royaume Unis (Iron Maiden, pour ne citer qu’eux), mais le
pouls reste bon et quelques formations telles que ADX, High Power,
Killers ou Sortilege sont bel et bien présentes dans ce grand
rendez-vous précurseur du hard rock/heavy métal. Le rythme cardiaque
s’accélère ensuite avec le développement de la scène allemande puis
avec l’invasion des pays nordiques débouchant sur une palette de
styles musicaux de plus en plus variée et sur des formations de plus en
plus nombreuses, venues des quatre coins du globe. L’explosion a lieu
également au cœur de l’hexagone, mais les artères sont elles en effet
déjà bouchées ? car si aujourd’hui les groupes apparaissent en nombre,
peu d’entre eux arrivent à se frayer un passage au milieu des colosses
scandinaves, américains, allemands, puis polonais, tchèques et
hollandais qui placent en tête d’affiche leurs formations déjà « cultes
». Est-ce grave docteur ? Hum…le diagnostic reste réservé. En effet, la
qualité est souvent au rendez vous et des formations de métal extrême
telles que Seth, Nehemah, Himinbjorg, Anorexia Nervosa ou Blut Aus
Nord, ont désormais un nom et peuvent rivaliser avec d’autres
formations internationales évoluant dans un registre similaire ; le
heavy métal n’est pas en reste, avec entre autre Nightmare ou
Syrens call et la scène gothique bien placée, avec de dignes
représentants comme Dark Sanctuary, Rosa Crux, ou Rajna. Alors quelle
est donc la cause du mal ? Pourquoi ne voit on pas émerger de Morbid
Angel, de Dimmu Borgir, de Mayhem français? Doit on se contenter
uniquement de groupes timorés, calqués sur leurs aînés, « à la »
Nightwish ou « à la » Sepultura ? Le manque d’originalité peut
effectivement constituer un problème dans un milieu voyant apparaître
de plus en plus de formations où la maîtrise technique n’est pas
forcément un facteur suffisant pour se démarquer, et où l’underground
se trouve saturé par des équipes à inspirations néo métal, death ou
grind mille fois revisitées.
Ajoutons à cela le climat de discorde régnant entre certains groupes,
qui loin de se soutenir, provoquent d’innombrables querelles sources de
séparation, et vous obtiendrez un pronostic médical allant droit vers
l’asphyxie…alerte ! Apportez le chariot de réanimation…
Non, non, heureusement, pas d’affolement, des prévisions plus
optimistes sont envisageables : des groupes originaux sont en réalité
bien présents ; saluons donc les SUP, The Old Dead Tree, Kemet,
Hantaoma ou Gojira qui osent poursuivre dans cette voie de la
créativité; saluons également les labels nationaux, actuellement très
actifs dans la production de groupes talentueux qui sans leur aide
resteraient au fond d’une cave. N’en déplaise aux pessimistes et
mauvaises langues, le métal français est présent, et bien présent, et
ce au plus haut niveau. Certes, le pays n’est pas producteur de
monstres sacrés dans ce domaine, mais est-il préférable d’avoir une
énorme formation très productive ou plusieurs groupes de moindre
importance mais talentueux ? A vous de trancher. Pour ma part, j’en
appelle à tous les passionnés, ne soyez pas timides et restez motivés
pour bientôt pouvoir crier prochainement et un peu plus fort « cocorico
» !
SYL.
|
|
|
© Librairie La Bourse - 8 et 13 bis Rue Lanterne - 69001 Lyon
|
|