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Lutte des classes…
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«
Straight thrash heavy metal », « epic holy power heavy » « gothic dark
atmosphérique médiéval », voici quelques dénominations utilisées pour
caractériser des styles musicaux que vous pouvez lire actuellement
dans nombreux articles de magazines et catalogues spécialisés.
Choix minutieux des termes ou précisions inutiles ? Ouvrons le débat
ensemble sur la catégorisation des divers styles du métal.
Comme tous les styles musicaux, le métal a fort heureusement énormément
évolué depuis son apparition, notamment grâce aux échanges culturels
internationaux, à l’innovation technologique et surtout à la créativité
; et s’il était facile au départ de faire la différence entre le rock,
le hard rock et le heavy métal, il fût bien vite nécessaire de créer de
nouveaux termes afin de nommer les nouvelles sonorités naissantes. Le
son des guitares, le rythme, les sonorités vocales sont alors les
principaux critères permettant à une catégorie de se démarquer par
rapport à une autre, et ainsi apparurent les noms de « thrash », puis
de « death », et de « black » métal. Jusque là, tout va encore bien,
mais ensuite les choses se gâtent…Ajoutez en effet une touche de
synthétiseur au black métal, et celui-ci devient « atmosphérique », une
touche de chœur dans le heavy metal, et celui-ci devient « symphonique
», un chant féminin doux dans le gothique le transforme en «
heavenly » ! Bien…et lorsque sont ajoutés un chœur, des violons, des
ambiances traditionnelles, des voix féminines et quelques samples
électroniques ? Plusieurs écoles s’affrontent alors à ce sujet :
- celle des « puristes minimalistes », pour qui un seul mot placé avant « métal » suffit pour désigner un style
-celle des « sous styles à tiroir », pour qui chaque élément musical constitue une sous catégorie supplémentaire
-et enfin celle pour qui chaque groupe constitue une sous catégorie en lui-même…
Certes, la création de « classes » et de « sous classes » est
nécessaire pour pouvoir se repérer au cœur de la diversité sonore
actuelle, mais l’abus des nouvelles dénominations n’en reste pas moins
certain. En effet, quelle est la limite entre le « cyber » ou l’ «
electro », entre le « modern » et « l’avant-garde »? Quelle légitimité
donner aux termes de « gothic » ou de « dark » employés à tort et à
travers ? En bref, ce qui se veut précis peut engendrer à l’inverse la
plus totale confusion et la formation de nuances toujours plus
abracadabrantesques, et qui ne sont pas toujours justifiées ; quel
intérêt en effet d’employer deux termes différents pour cataloguer deux
formations musicalement identiques ? Les principaux concernés, à savoir
les musiciens, s’insurgent souvent dans les interview de se retrouver
trop rapidement classés dans des catégories ne correspondant pas à leur
musique, une solution pour remédier à ce grand « méli-mélo » serait
donc avant toute chose de leur laisser la parole.
Malheureusement, la tendance actuelle n’est pas à la simplification et
nombreux sont encore ceux pour qui l’utilisation de qualificatifs à
rallonge est l’apanage de la connaissance musicale…Heureusement, la
créativité et la qualité musicale sont toujours au rendez vous, mais
les querelles de bar seront encore nombreuses quant à savoir où «
classer » la musique de Chaostar, de Marilyn Manson ou de Devin
Townsend.
SYL.
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