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L’habit ne fait pas…
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C’est au
cœur des courants des modes alternatives qui virent le jour dans les
années 60 que, formé d’un zeste de hippie pour le jean déchiré et la
barbe ébouriffée, d’un soupçon de rocker pour le blouson de cuir et les
clous, naquit le premier spécimen du « hardos ». Celui-ci, tout comme
sa musique, allait par la suite évoluer, son look se modifiant au gré
des années et des déclinaisons de styles musicaux ; soyez donc les
bienvenus pour une visite guidée au cœur de la mode vestimentaire des «
métalleux » (et apparentés).
Bien
vaste sujet en vérité, car il est remarquable de constater que chaque
style de métal actuel a adopté une attitude vestimentaire qui lui est
plus ou moins propre. Mais revenons à notre bon vieux stéréotype du «
hardos » : barbe, cheveux longs, blouson de cuir garnis des accessoires
alors à la mode, c'est-à-dire clous, badges et les inusables « patch »
(brodés s’il vous plait ! les imprimés n’étant que de vulgaires et
méprisées copies). Notons également l’usage courant de bottes de moto,
rapidement délaissées au profit de la basket dans les années 80 (cette
dernière demeurant d’actualité notamment sur la scène heavy métal). Le
hard-rocker se fait en parallèle « glam », tignasses bouclées en tête,
collants ajustés et veste leopard, look ne restant cependant réservé
qu’aux prestations scéniques et à quelques initiés.
Avec
l’arrivée de sonorités plus extrêmes et surtout du black métal,
l’apparence physique se doit d’être plus obscure, plus agressive ; les
corps se couvrent alors de chaînes ou de cartouchières, les brassards
de force se hérissent de clous acérés, les bagues deviennent de
véritables griffes et les pieds sont enveloppés dans de solides
rangers, chacun arborant fièrement la couleur du clan : le noir. Ce
sera au début des années 90 que se démocratisera une des grandes
innovations stylistiques du siècle : la « new-rock ». Venue d’Espagne,
cette chaussure démesurée, semelles compensées, garnie de plaques de
fer, voir de ressorts selon les modèles (aujourd’hui de toute les
tailles et formes), et d’un poids moyen d’environ 3kg (par chaussure)
connaît rapidement un grand succès dans l’univers du métal. Si
l’esthétique et le coté pratique restent discutables, la new-rock offre
indéniablement une protection et une stabilité certaine à son porteur
lors des concerts, et permet de traverser les flaques d’eau sans se
mouiller les pieds (attention à la rouille !). Le port du treilli (de
préférence gris et blanc) ou d’un long manteau de cuir noir est
également du plus bel effet, sans oublier les multiples bijoux ornés
d’obscurs signes cabalistiques. Chez ces demoiselles, la tendance est
souvent au minimalisme, avec plus ou moins de succès, le bas résille et
le maquillage noir signant un grand retour en force…bref, aujourd’hui
du hardos heureux de défiler dans une tenue contestataire ne reste plus
que la barbe, le look « métal » étant en effet devenu un vrai phénomène
de mode « tendance ».
Mais plutôt
que « métal » devrions nous dire « gothique » car en ces temps de l’an
2000, quiconque entièrement vêtu de noir se voit affubler d’un tel
qualificatif. Pourtant, le « gothique » était lui aussi initialement un
style de vie et de mode contestataire. Tiré du mouvement punk assombri
et métissé de glitter, le gothique se fait d’abord « batcave » (1981) ;
maquillé et vêtu de noir, crête bien en vue, il est alors le peuple de
l’underground par excellence. Sorti aujourd’hui de sa cave, il se
décline dorénavant en plusieurs catégories. Les « romantiques » se
parent de chemises à jabot, de queues de pie, de manteaux ou de robes
de velours, parsemés de dentelle ; les « cybers » optent pour le vinyl
qui reflètera les spotlight des soirées technoïdes « electro-dark »,
les « médievaux » remontent le temps dans un style propre au moyen age
et les « visuals » adoptent un look tiré du manga.
La simple
participation à une soirée un peu spécialisée requiert souvent un code
vestimentaire très précis. Mais se vêtir à la page coûte cher, les
accessoires sont nombreux et la plupart du temps onéreux ; la « mode
metal-goth », partie d’un vieux jean, est devenue un véritable (et
rentable) fond de commerce, auquel participe même de grandes enseignes
vestimentaires. Le t-shirt noir ne fait donc pas le hardos, mais
peut-être que dans ce simple carré d’étoffe sommeille-t-il encore un
barbu ?
SYL.
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