Le renouveau du Shonen

In Mangas by François SerinLeave a Comment

Vers la fin des années 90 et au début des années 2000, le shonen manga connaît un ralentissement des ventes. Après des périodes de ventes record, la conclusion de séries-phares comme Dragon Ball, Yu Yu Hakusho, Kenshin, Saint Seiya ou Slam Dunk signe la fin de l’age d’or.

Si quelques héritiers tels que Naruto, Hunter x Hunter, Bleach ou le mastodonte One Piece vont émerger et relancer la machine, le temps de la remise en question est tout de même venu. Un des premiers sursauts marquants est Death Note de Tsugumi Oba et Takeshi Obata en 2003. Bien qu’étant catégorisé shonen, le titre pourrait presque être considéré comme seinen, avec ses thématiques plus profondes qu’à l’accoutumé et ses codes hérités des meilleurs thrillers psychologiques. Death Note prouve ainsi, s’il le fallait encore, que le shonen ne doit pas être réduit aux seules séries de combat. D’autres titres vont alors suivre, en gardant en tête de ne pas sous-estimer un public certes jeune, mais néanmoins exigeant et avide de nouvelles propositions.

Petite sélection de ces shonen « next gen » que vous pouvez trouver à la Bourse :

Dragon Ball Super (éditions Glénat)

Ce n’est évidemment pas le titre le plus original et innovant de notre sélection, mais force est de constater que cette nouvelle itération de la mythique licence, supervisée par Akira Toriyama en personne, fédère. Le dessin de Toyotaro est d’une ressemblance confondante avec celui de Toriyama, le rythme est bon, les combats sont prenants et le fan service permanent assure les bouffées de nostalgie aux connaisseurs.

One Punch Man (éditions Kurokawa)

Illustrant parfaitement le proverbe de Cid de Corneille « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », One Punch Man met en scène un super-héros trop fort. Vainquant ses ennemis d’un seul coup de poing, son principal ennemi est donc… l’ennui !
Décalé, hilarant et superbement illustré et mis en scène par Yusuke Murata (Eyeshield 21)

My Hero Academia (éditions Ki-oon)

Revisitant également le genre du super-héros, My Hero Academia propose un univers ou 80% de la population est doté de super-pouvoirs. Mais comment devenir un héros quand on fait partie des 20% restants et qu’on est dénué de pouvoir justement ?
On reste dans du shonen de combat, classique en apparence mais inventif, très bien emballé et qui parvient à se jouer des codes pour les renouveler efficacement. Le haut du panier du genre.

Dr Stone (éditions Glénat)

On n’en dira pas trop pour ne pas gâcher la surprise, mais cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu du post-apocalytpique aussi original et bien traité. Par ailleurs, le dessin de Boichi (que beaucoup connaissent pour sa série seinen Sun-Ken Rock) est toujours aussi dynamique et richement détaillé.

L’Attaque des Titans (éditions Pika)

Pour rester dans le post-apocalytpique innovant, L’Attaque des Titans fait partie des grands succès de ces dernières années, au point de se voir décliner en plusieurs spin offs. Si le dessin très brut de l’auteur ne séduira pas tout le monde, son récit fait en revanche l’unanimité pour ses mystères fascinants, ses enjeux épiques et ses drames humains. Là aussi, on est à la limite du seinen, vu le ton très dur et la violence tant physique que psychologique.

The Promised Neverland (éditions Kaze)

Des enfants surdouées coulent des jours paisibles dans un orphelinat en attendant d’être adoptés, mais les apparences pourraient bien s’avérer trompeuses… Et si cet orphelinat était en réalité un élevage ?
Originale, tendue et passionnante, l’histoire évoque les meilleurs récits d’évasion et La Stratégie Ender d’Orson Scott Card pour ses enfants exceptionnellement intelligents et forcés de grandir trop vite… D’ores et déjà un chef d’œuvre.

Vinland Saga (éditions Kurokawa)

Déjà auteur du sublime Planètes, Makoto Yukimura s’est lancé ces dernières années dans une fresque ayant pour cadre le peuple viking. Tendue et violente, son histoire est aussi profondément humaniste et inspirante. Elle est par ailleurs très bien documentée sur l’époque, ce qui ne gâche rien. Vinland Saga peut ainsi être rangée aux côtés des meilleurs œuvres graphiques sur les vikings avec Northlanders de Brian Wood.